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La série des Interviews continue et aujourd’hui c’est avec Laurent Letz qu’on entre un peu plus dans l’Univers Objectif 3D… Son expérience, sa motivation, son talent…et sa passion, c’est cela qu’il transmet aux étudiants de l’école. Il a créé son propre studio et a collaboré avec les plus grands chorégraphes pour des jeux vidéos bien connus comme « This is It » ou encore « Just Dance ». Grâce à son réseau professionnel et sa collaboration avec Ubisoft, Laurent a travaillé sur les plus grandes productions. Il nous explique son parcours.

  • Bonjour Laurent, tu es intervenant à Objectif 3D. Peux-tu nous expliquer ce que tu enseignes aux étudiants d’Objectif 3D et de quelle manière ?

Bonjour, je suis intervenant en Game pour les 2, 3 et 4e année, mais je donne également quelques cours aux cinés quand le temps me le permet.

J’enseigne ce qui touche de près ou de loin à la production d’un jeu : marketing (viral, trailers, phases de travail, collaboration) – Renfort 3D (comment optimiser son temps et son énergie, astuces 3DSMax, FX,…) – Production d’un jeu vidéo (Workflow, Game Flow Chart) – Qu’est-ce qu’attend un studio de jeu d’un nouveau collaborateur… J’essaie en gros de transmettre mes 22 ans d’expérience dans ces différents domaines.

Je viens 1 jour 1/2 par semaine pour des cours théoriques, du soutien, des feedbacks sur les projets… J’essaie d’apporter un complément au programme proposé par les professeurs Game.

  • J’ai pu voir que tu as créé ton propre studio d’animation et de production en 2008. Qu’est ce qui t’as donné envie de te lancer et quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer ?

Après avoir passé des années au sein de studios de production j’ai eu envie de tenter l’expérience. J’avais déjà eu le projet de monter un studio d’animation pour Ellipsanime dans la région PACA mais c’est finalement tombé à l’eau. Quelques années plus tard, j’ai décidé de me lancer. La prod m’intéresse, ainsi que tous les autres aspects du métier.

Les difficultés sont nombreuses. Manque de trésorerie, clients récalcitrants à payer, nécessité d’être tout le temps à la disposition d’un boulot qui tombe… Il faut s’accrocher, avoir une grande confiance et être bien entouré. C’est ce qui m’a permis de tenir la barre pendant 9 ans. C’est par choix que j’ai décidé de mettre fin à l’aventure Kanangart.

 

  • Comment trouvais-tu de nouveaux clients d’année en année dans une ville comme Montpellier ?

C’est avant tout grâce à mon réseau professionnel que j’ai pu contacter de nouveaux clients, mais le gros du travail nous était commandé par Ubisoft, dont je connaissais déjà bien les rouages.

  • Quels ont été les projets sur lesquels tu as préféré travailler ?

J’ai eu la chance de pouvoir gérer de belles productions et travailler sur des licences internationales de plusieurs centaines de millions d’euros, mais deux projets me restent vraiment en mémoire. J’ai réalisé les vidéos bonus du jeu Mikael Jackson : Experience, d’Ubisoft. Pour ce projet nous avons dû collaborer avec les danseurs de This Is It, Travis Payne, le chorégraphe de Mr Jackson, et Brahim Rachiki, le chorégraphe de Madonna. C’était très grisant d’évoluer auprès de tels professionnels.

J’ai également réalisé un clip musical pour Just Dance, réunissant 20 danseurs, des effets spéciaux Live, une grosse quantité d’éclairage et de caméras. L’ambiance était vraiment très chouette, et diriger une cinquantaine de personnes pendant le tournage a été une expérience incroyable.

J’aime générer une dynamique autour d’un projet, sentir des personnalités amener chacune sa pierre à l’édifice jusqu’au résultat final. Pour ça les tournages Live sont les meilleurs moments que j’ai pu connaitre à Kanangart.

Globalement, je cherche la diversité, passer de projets courts en projets courts afin de pouvoir donner le maximum sans tomber dans un effet de routine qui, à mon sens, fait tiédir la créativité.

 

 

  • En tant que Directeur / Producteur, comment choisis-tu ton équipe ?

J’ai toujours favorisé les gens avec qui j’avais déjà eu une expérience professionnelle par le passé. Embaucher des gens dans une entreprise aussi petite est toujours un gros risque, et c’est ma manière de le limiter.

J’ai l’habitude d’avoir un plan B. J’aime, par exemple, travailler avec une équipe de tournage marseillaise. En cas d’impossibilité de leur part, j’ai « dans la manche » une seconde équipe, lyonnaise cette fois, qui peut intervenir le cas échéant.

Quoiqu’il en soit, je m’assure d’avoir une confiance absolue dans mes collaborateurs. De cette manière je suis plus à même de tenir mon rôle de dirigeant, et l’ambiance de travail est toujours légère mais efficace.

  • En toute objectivité, que penses-tu des étudiants de l’école, quels conseils pour leur vie future ?

Je suis très étonné du niveau de culture des étudiants d’Objectif 3D. Ils en savent plus que moi sur les jeux vidéo, surtout les nouveautés. Ils semblent avoir la curiosité nécessaire à un apprentissage rapide, et cette curiosité les aidera beaucoup dans leur carrière.

Mon conseil pour eux est le suivant : Restez ouverts d’esprit. Vous êtes à l’école pour apprendre. Soyez humbles et ouvrez grandes vos oreilles. Les professeurs sont là pour vous transmettre un savoir, profitez-en. Le marché du jeu vidéo est en plein essor, tout le monde aura du travail à la sortie. Alors ne stressez pas, vous avez le droit à l’erreur. Ne soyez pas trop dur avec vous-même, ni avec les autres. Vous avez tout le temps d’être sous pression plus tard J

  • Enfin, une anecdote ?

J’ai réalisé une vidéo en VR360 pour la Foire de Paris en Avril 2016. Nous étions deux à travailler là-dessus, mais c’est moi qui me suis occupé des rendus pré-calculés. Les images à rendre pour ce genre de travail sont gigantesques, et me prenaient environ 50 minutes par frame. J’ai lancé ces rendus sur 3 semaines avant la livraison.

La veille de la Foire de Paris, j’étais encore à polisher les détails, ajouter des VFX, etc… J’avais tellement vu l’animation que je n’arrivais plus à être objectif. Un ami est passé à la maison, a mis le casque VR et m’a fait remarquer que mes images n’étaient pas en stéréoscopie…

24h plus tard, les journalistes attendaient cette vidéo qui devait servir de tête de gondole au plateau technologie de l’exposition. Et moi, je devais livrer ça au plus tôt. Mais là, j’avais une vidéo « à plat », à cause d’une erreur de rendu. Il me fallait 8500 frames à 50 minutes de rendu chacun, et le tout en 24h seulement.

Ça a été la nuit la plus longue de ma vie. C’était horrible ! J’ai du tout reprendre scène par scène, envoyer les fichiers sur plusieurs sites de rendus en ligne, payer des milliers d’euros, prier, boire du café et me ronger les sangs pour arriver in extremis à livrer la vidéo, 10 minutes avant l’ouverture. Il m’aura fallu beaucoup de sang-froid, de la chance et des bons amis pour me donner du courage. Ça a été la pire galère 3D de ma vie !

Merci Laurent !

Exemples de productions sur lesquelles il a travaillé :

 

 

Pour tout savoir sur les productions réalisées par Laurent, foncez surfer sur son site : http://www.kanangart.com/  (le site n’est pas actualisé depuis la fermeture du Studio, mais c’est un très bel aperçu du travail de Laurent )

A bientôt !