fbpx

Vous avez adoré « Beehave« , le film d’animation sur la protection des Abeilles, vous allez vous éclater devant « Rift » le court métrage 3D réalisé également par les étudiants de 2eme année dans un but pédagogique.

« Rift » a été conçu pour présenter de manière humoristique un concept scientifique mené par Philippe Munch, enseignant et chercheur à l’Université de Montpellier. Pour pimenter l’expérience, le célèbre dessinateur Ptiluc est venu mettre son grain de sel !

Retrouvez les interviews de Philippe Munch, Nadia (Directrice pédagogique) et Vincent (Etudiant) et Ptit Luc !

Bonjour Philippe,

Vous êtes enseignant chercheur à l’université de Montpellier, mais que cherchez-vous ?

Je cherche à comprendre comment les déformations de la surface de la Terre ont pu influencer les mécanismes de l’évolution du vivant, les liens entre l’activité interne de la Terre et l’évolution du vivant à la surface.

Quand et pourquoi avez-vous créé GAARANTI Projet ? Pourquoi ce nom ?

 

Ce projet a été imaginé la première fois lors d’une correspondance de 10h dans l’aéroport de Bogota (Colombie) en 2015. Nous revenions de l’Altiplano bolivien avec des collègues paléontologues où nous traquions l’apparition de faunes géantes en relation avec le soulèvement des Andes. Je travaillais aussi déjà dans les Antilles où un rongeur géant (Amblyrhiza) a été découvert depuis longtemps et plus récemment sur l’île de St Barth. Des géants aux Antilles avec des îles volcaniques qui sortent de l’eau ou qui s’enfoncent sous l’eau, il n’en fallait pas plus et nous avon rédigé un projet et qui a été soumis à l’Agence Nationale de la Recherche, rejeté une première fois en 2016 puis accepté en 2017. C’est un projet original qui réunit géologues, paléontologues et biologistes pour répondre à une question que se posait déjà Darwin.
GAARAnti  : GA Grandes Antilles (Cuba, Hispaniola, Jamaïque, Porto Rico), AR : Ride d’Aves (un relief sous marin) et Anti : Petites Antilles. Cet ensemble a du être connecté et relié à l’Amérique du Sud pour permettre le passage des ancêtres d’Amblyrhyza et d’autres mammifères terrestres.

 

Quel est le but de l’animation réalisée par les étudiants d’Objectif 3D ?

Présenter de manière humoristique les concepts scientifiques de notre projet. Le public visé est essentiellement les lycéens (et leur prof) pour leur montrer que la subduction ce n’est pas uniquement un thème de cours rébarbatif et aussi qu’il y a des liens entre Sciences de la Vie et Sciences de la Terre.

Comment se sont passés les échanges avec les étudiants de l’école ?

Je suis venu leur présenter le projet, la subduction, les espèces actuelles et fossiles originaires d’Amérique du Sud présentes aux Antilles, Darwin, Amblyrhiza, etc… et le lien avec les rats de Ptiluc. On avait préparé une histoire avec Ptiluc qui devait servir de base au projet. Ils m’ont posé des questions scientifiques, ils se sont appropriés le projet  de scénario, l’ont modifié puis on s’est revu 2 fois. On a aussi rediscuté plusieurs fois par mail, téléphone. La séquence subduction été discutée/modifiée jusqu’à la dernière minute. Les élèves se sont comportés en vrais professionnels, à l’écoute de mes demandes/remarques (et celles de Ptiluc) et avec des compétences techniques/artistiques qui m’ont bluffé!

Quelles étaient les lignes directrices données aux étudiants ?

Être drôle et m’aider à faire passer des concepts/idées scientifiques et à montrer que la Science ça peut être marrant. Et Ptiluc voulait des poils pour ses rats…!

La conception de l’animation 3D est arrivée à sa fin, êtes-vous satisfait du résultat ?

Très très très satisfait. Je suis persuadé que des enseignants de Lycées auront envie de l’utiliser et quelle les aidera à travailler avec leurs élèves.

Il me semble que nous pourrons le découvrir rapidement à l’Université, vous nous en dites un peu plus ?

Le 2 juillet à 18h30 dans l’amphithéâtre du Bâtiment 23 de la Faculté des Sciences, nous (tous les élèves d’Objectif 3D qui ont travaillé sur le court métrage et qui peuvent venir, leurs encadrants, Ptiluc et moi-même) allons présenter l’animation 3D aux scientifiques qui travaillent sur le projet. On va voir leur réaction mais je ne suis pas inquiet du tout, ils vont être enchantés. C’est sur.

Nadia, la directrice pédagogique de l’école a suivi le projet de très près, elle nous en parle :

Bonjour Nadia, tu as chaperonné le projet et les échanges entre les différents intervenants, peux-tu nous donner ton ressenti sur le travail réalisé et la manière dont ça s’est mis en place.

J’ai rencontré Philippe et Pti luc au moment où ils sont venus expliquer leur projet aux étudiants : rendre ludique un sujet scientifique pour intéresser un public pas forcément spécialisé dans le sujet, des lycéen, des collégiens..Nos étudiants ont posé des questions, les ont filmé et par échanges de mail nous leur avons fait part de l’avancée du projet pas à pas, ils sont venus d’ailleurs régulièrement voir à l’école même quelle tournure le cm prenait ou bien parce que nous avions besoin de retours pour savoir si nous étions dans les clous.

En quoi est-ce formateur pour les étudiants de travailler pour un projet global en dehors de l’école ?

Ca a été un sacré challenge pour les étudiants car il fallait répondre à deux contraintes situées aux antipodes, d’un côté le créatif, la veine comique de Ptiluc comme ligne graphique et l’aspect scientifiquement juste pour Philippe Munch  puisque ce film est un support pédagogique pour les enseignants (entre autres). Répondre à une contrainte est toujours formateur, ici quand le commanditaire est externe et que ce n’est pas un formateur, la pression est de fait multipliée…cela se rapproche des conditions auxquelles ils devront se confronter à la sortie du cursus de formation quand ils arriveront en studio !

Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

La pression certes mais une difficulté de taille, intégrer un plan de coupe géologique en plein milieu d’une narration sans perdre le fil narratif, ce n’est pas évident et ils s’en sont très bien sortis !

Un conseil pour les étudiants en fin de projet ?

La contrainte est parfois plus créatrice que lorsqu’on vous laisse le champ libre…le vide de la page vierge est parfois effrayant ! Donc quand il y a des contraintes c’est que le périmètre de création est déjà balisé!

Vincent est étudiant en 2eme année, section cinéma d’animation 3D

Bonjour Vincent, Tu as bossé sur le projet pendant trois mois, tu rêves de Rats toutes les nuits ?

Non pas vraiment, mais en dehors de la prod, nous pensions toujours au film !

Quel a été ton rôle dans ce projet ?

En 2eme année, nous n’avons pas encore choisi de spécialisation. Nous avons donc touché à tout, de la modélisation au montage.

Tous les éléments demandés ont été respecté, les échanges été suffisamment clairs pour avancer correctement ?

En effet, c’était pas évident de comprendre toutes les attentes du géologue, Philippe Munch et du dessinateur PtiLuc. Mais nous avons su répondre à leurs demandes.

Peux-tu me dire ce qui a été le plus compliqué pour toi sur ce projet ?

Je pense que le plus difficile a été la communication entre tous les membres du groupe mais on s’est est bien sorti et nous avons appris de nouvelles techniques (fur / FX)

Le plus sympa ?

Le plus enrichissant, c’est de créer son propre film ! Et toutes les nouvelles choses apprises au cours de la production.

Un conseil, pour les 1ere année qui suivent vos traces ?

Communiquez entre vous, n’ayez pas peur de vous exprimer pour avoir différentes visions du projet. Mais surtout, investissez-vous !!!

 Tu es scénariste et dessinateur de bande dessinée, peux-tu « dessiner » rapidement ton parcours !?

Pas simple cette histoire… j’ai commencé tout petit comme tous les enfants qui dessinent, j’ai continué en traversant l’adolescence, comme tous les ados asociaux qui se réfugient dans la création pour fuir l’implacable loi du groupe et puis , après un éphémère passage à la fac, j’ai commencé à traîner avec ma première moto et mon carton à dessin, de petits boulots en petit boulots, mais toujours des boulots de dessinateur… Puis j’ai travaillé trois ans à illustrer des bouquins scolaires. C’est cet éditeur qui a créé les éditions « vents d’Ouest » en 1982… premier album de rats cette année-là…. Il y en a eu beaucoup depuis…

D’où vient ton envie de dessiner des Rats dans ta série « Rat ‘s » ? Quelle est l’idée de base ?

La série initiale avec les rats s’appelait « Pacush Blues »… comme ce fut très remarqué dans les années 80, on m’a proposé de faire une adaptation de mon univers pour une série télé qui devait s’appeler « rat’s »… c’était une petite boite de prod où je bossais avec Jean Yves Rimbaud, créateur de Oggy et les Cafards . Quand cette petite boite a été rachetée par Gaumont, je me suis engueulé avec le boss, Marc du Pontavice et la série n’a jamais vu le jour… j’ai donc récupéré mes scénarios pour en faire des BD… « Rat’s » est ainsi devenu une version plus  cartoonesque de l’univers de « Pacush Blues », trop sombre et cérébral pour une série grand public!

De quelle façon es-tu intervenu dans le court métrage réalisé par les étudiants ?

Philippe Munch est venu me trouver pour me demander de créer un logo pour son projet et une petite BD pour expliquer la subduction. Il m’a tout de suite semblé évident que ces mouvements de plaques tectoniques seraient bien plus facile à expliquer en animation qu’en bande dessinée. Comme j’avais déjà collaboré deux fois avec « Objectif 3D », je leur ai proposé ce projet humoristico-scientifique. On a donc échangé assez simplement avec les étudiants en cherchant des gags et un univers graphique à partir de ce que j’avais déjà croqué avec Philippe, qui surveillait que la crédibilité scientifique soit bien respectée.

As-tu aimé l’expérience?

C’est toujours assez grisant de voir bouger ses personnages et de voir l’animation progresser de projet en projet…

Un conseil pour les artistes en herbe ?

De s’accrocher, d’avoir de la chance, d’y croire, de rester passionné et de se remettre toujours en question…

Allez, on ne vous pas plus attendre :

En bonus, le making of…

Crédits :

Thibaud Villette

Tristan Leon

Simon Martineau

Vincent Le Squer

Julie Galeotti

Jonathan Thiebaut

Thomas Carbonara

Marie Labarthe

Clothilde Miralles

Nicolas Rakoto

Mélanie Bidet

Jules Besset

Damien Chatelain

Adrien Leprevost

Mathieu Martins

Clément Quintana

Pierre Cazin

Romain Guitton

Aymeric Boutard

Alexandre Deyris

Robin Devroe

Maxime Cardo

Nathan Authier

Soraya Rossignol

Sound : Max Ollier – Vincent Garnero